numéro 47 • printemps 2026
Sous la direction de Christina Contandriopoulos et Valeria Téllez Niemeyer
À la différence des cartes officielles, indissociables du pouvoir, la contre-cartographie désigne des initiatives alternatives, citoyennes, autochtones, militantes ou artistiques qui s’opposent à l’ordre établi. Si le terme counter-mapping a été largement adopté par les géographes pour aborder les enjeux de délimitation, de gestion du territoire et de gouvernance, il a été relativement peu étudié en tant que pratique. Ce numéro d’Intermédialités vise à combler cette lacune en examinant dans quelle mesure l’histoire de l’art et les études médiatiques contribuent au domaine de la contre-cartographie. Les cartes sont envisagées comme des images porteuses d’une histoire et d’une agentivité qui leur sont propres. Au-delà de la représentation, l’approche intermédiale permet de comprendre l’ensemble des conditions de production, de circulation et d’efficacité des cartes, mais aussi de saisir les tensions, les fractures et les résistances qui les traversent.
Les articles de ce volume contribuent à élargir la définition de la contre-cartographie, sans nécessairement tracer une délimitation stricte des pratiques cartographiques. Ils explorent les qualités historiques, projectuelles, formelles et utopiques des contre-cartes à partir d’analyses qui pourraient également être qualifiées de contestataires, critiques, dissidentes ou radicales. L’intérêt est ainsi d’inscrire la réflexion sur la cartographie au sein d’approches actuelles de l’histoire de l’art et des médias qui révisent les canons en s’intéressant à des corpus visuels mineurs, à des « contre-archives » ou à des « contre-corpus ».
