exposer / displaying

Numéro 15, printemps 2010

Sous la direction de
Elitza Dulguerova

Le verbe « exposer » se décline en champs sémantiques sinon contradictoires, du moins ambivalents. Face à la polysémie du terme et à l’abondance des publications existantes, ce numéro d’Intermédialités opte pour une cartographie non exhaustive du thème qui met en évidence aussi bien l’étendue des recherches actuelles que la pertinence heuristique de l’intermédialité. Par sa nature même, une exposition est a priori intermédiale : l’acte de disposer et d’ordonner génère, au sein d’un espace et durant un temps, une forme de discours; il met en situation, en représentation et en contact plusieurs instances d’énonciation (les artefacts ou « expôts », l’institution, les commissaires, les visiteurs/consommateurs, les artistes…). En amont même de tout dispositif médiatique accompagnateur (cartels, films, vidéos, documentation photographique), l’exposition est déjà une mise en scène qui appâte et séduit nos différents sens par sa parenté non seulement avec le théâtre, mais également avec des procédés issus de la littérature, de la photographie ou du cinéma. Elle apparaît ainsi comme une configuration de différents médias dont les relations construisent des représentations de l’espace et du temps, produisent du sens, du discours, du pouvoir. Les textes réunis dans ce numéro abordent l’exposition comme phénomène de la modernité, interrogent son rapport à la mémoire et à l’histoire, décrivent ses écueils idéologiques, réfléchissent à sa temporalité ou repèrent son « dispositif » épistémologique.

 

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